Comprendre le cycle
Chaque femme est unique et chaque corps réagit différemment. Il est donc important, pour la sportive comme pour la monitrice ou le moniteur, de connaître les bases du cycle menstruel. Celui-ci se compose de deux phases, chacune régie par des hormones et entraînant des effets spécifiques. Comprendre ces phases aide à mieux percevoir leur influence sur la pratique sportive.
Les premières règles (appelées ménarche) surviennent généralement entre 9 et 14 ans, et il est courant que les cycles soient irréguliers pendant les deux à cinq premières années. À tout âge, la durée des phases du cycle peut varier d’une femme à l’autre. Un cycle dit «normal» s’étend en moyenne sur 21 à 35 jours. Seules 13 % des femmes ont un cycle exactement de 28 jours.
Un indicateur de santé
En connaissant les phases du cycle menstruel et leurs effets, on peut mieux comprendre et gérer son rythme au quotidien. Pour les monitrices et les moniteurs, cette connaissance est essentielle: elle permet d’accompagner les filles et les jeunes femmes avec attention et d’éviter des jugements hâtifs lors des jours où l’énergie ou l’humeur peuvent fluctuer. Cela favorise un climat de confiance et un dialogue ouvert, où chacune se sent entendue et soutenue.
Le cycle menstruel se compose de deux phases principales séparées par l’ovulation, chacune ayant des effets spécifiques sur le quotidien et le bien-être.
La phase folliculaire avec menstruations (environ 10 à 22 jours)
Le cycle débute avec les règles. Les saignements durent généralement trois à sept jours. Pendant cette période, on peut se sentir fatiguée, irritée ou ressentir des douleurs, mais cela varie beaucoup. Juste après les règles, le corps se prépare à l’ovulation. Des hormones stimulent les ovaires. Le taux d’œstrogènes augmente progressivement. Beaucoup de femmes se sentent mieux: humeur plus stable, motivation accrue, meilleure concentration.
L’ovulation (1 jour)
Vers le milieu du cycle, un signal hormonal (LH – hormone lutéinisante) provoque la libération de l’ovule par l’ovaire. Cet événement, bref mais essentiel, correspond à l’ovulation. Quelques femmes peuvent ressentir une légère douleur, un pic de désir sexuel ou des variations d’humeur, tandis que d’autres n’éprouvent aucun symptôme.
La phase lutéale (environ 10 à 16 jours)
Après l’ovulation, le corps produit une nouvelle hormone: la progestérone. Elle prépare le corps à une éventuelle grossesse. Cette phase peut entraîner davantage de fatigue, des variations d’humeur, une baisse de motivation ou un temps de récupération plus long.
Pour certaines femmes, la fin de cette période peut être délicate et s’accompagne de symptômes prémenstruels, tels que l’irritabilité, la sensibilité des seins, les ballonnements ou des douleurs abdominales (voir ill. ci-contre). Il existe plus de 150 symptômes prémenstruels susceptibles d’affecter la performance physique et mentale. La combinaison de ces différents symptômes peut être vécue comme un défi.
Œstrogènes: Produits par les ovaires, ils atteignent leur pic avant l’ovulation. Ils épaississent l’endomètre, favorisent la vascularisation, interviennent dans la densité osseuse, la souplesse des ligaments, le métabolisme énergétique et diverses fonctions cérébrales.
Progestérone: Sécrétée après l’ovulation par le corps jaune, elle stabilise l’endomètre pour une éventuelle implantation. Elle peut légèrement augmenter la température corporelle, agir sur la respiration et provoquer un effet calmant, une certaine somnolence ou une sensibilité accrue.
L’ovulation: un repère essentiel
Un ovule mature est libéré par l’un des ovaires, environ 14 jours avant le début des règles suivantes. Le jour exact varie d’une femme à l’autre selon la durée de son cycle. Des cycles peuvent être anovulatoires, c’est-à-dire sans ovulation.
Exemples concrets:
- Cycle court de 24 jours → ovulation vers le jour 10
- Cycle long de 35 jours → ovulation vers le jour 21
Pourquoi la repérer?
Savoir quand l’ovulation a lieu est la seule manière fiable de déterminer la phase du cycle (folliculaire ou lutéale).
Les signes possibles de l’ovulation sont:
- Pertes vaginales plus abondantes et transparentes
- Sensation d’humidité accrue
- Légère douleur passagère dans le bas-ventre
- Augmentation du désir sexuel
- Seins plus sensibles
Anomalies du cycle
Chez de nombreuses sportives, les irrégularités du cycle sont souvent ignorées, minimisées ou considérées comme une conséquence normale de l’entraînement. Pourtant, certaines situations nécessitent une attention particulière et justifient une consultation gynécologique.
Absence ou retard des premières règles: Si les premières règles n’apparaissent pas avant l’âge de 16 ans, on parle d’aménorrhée primaire.
Règles abondantes: On considère qu’il s’agit de règles abondantes (ménorragie) lorsque les pertes de sang dépassent environ 80 ml par cycle (voir encadré ci-dessous).
Bon à savoir
Lors d’un cycle menstruel, la perte moyenne se situe entre 30 et 40 ml. Pour s’en rendre compte, un tampon standard absorbe environ 5 ml, une serviette classique entre 5 et 10 ml, et une cup varie généralement de 20 à 30 ml selon sa taille. Si les protections débordent régulièrement, si une double protection est nécessaire (par exemple tampon + serviette) ou si elles doivent être changées toutes les deux heures ou moins, cela peut indiquer des règles abondantes. Des pertes importantes peuvent augmenter le risque de carence en fer, ce qui peut influencer la récupération et le niveau d’énergie au quotidien.
Pour toute personne souhaitant quantifier plus précisément le flux, le score de Higham (pdf) permet de suivre la quantité de sang perdue. Il suffit de noter chaque critère présent selon la grille, puis d’additionner les points pour obtenir le score total.
Douleurs pendant les règles: Des douleurs intenses, non soulagées par une prise d’antalgiques au début des règles, sont considérées comme anormales. On parle alors de dysménorrhée.
Cycles trop longs ou absents: Un cycle systématiquement supérieur à 35 jours correspond à une oligoménorrhée. Une interruption du cycle pendant plus de trois cycles consécutifs ou plus de six mois définit une aménorrhée secondaire.
Phase lutéale trop courte: Une phase lutéale inférieure à 10 jours peut indiquer une insuffisance en progestérone, hormone essentielle au bon déroulement du cycle.
Cycles irréguliers chez les sportives: Des cycles irréguliers ou des règles absentes peuvent signaler un déséquilibre énergétique chronique. Ce phénomène fait partie du syndrome de déficit énergétique relatif dans le sport, qui peut affecter la santé hormonale, osseuse et métabolique.
En cas de doute
Différentes pathologies peuvent expliquer des anomalies du cycle. Si l’une de ces situations est suspectée, il est important d’encourager la personne concernée à consulter un-e professionnel-le de la santé pour un suivi adapté.
- Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK): Peut entraîner des cycles très irréguliers, l’absence d’ovulation, une pilosité excessive et des difficultés à concevoir. Ce déséquilibre hormonal peut également modifier le métabolisme.
- Endométriose: Maladie inflammatoire chronique souvent responsable de douleurs pelviennes importantes, de règles abondantes, voire de douleurs lors des rapports ou de la défécation. Elle peut fortement affecter la qualité de vie et la pratique sportive.
- Syndrome dysphorique prémenstruel (SDPM): Forme sévère du syndrome prémenstruel, avec des symptômes émotionnels intenses (dépression, irritabilité, anxiété) en phase lutéale. Elle peut avoir un impact important sur le quotidien.


